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65 % des femmes effectuent un frottis régulièrement, mais les autres ? Le frottis, comme le test HPV, sont payants et remboursés à 70 % par l’assurance-maladie, au même taux que n’importe quel acte médical. La prise en charge est totale pour les bénéficiaires de la CMU.
Quelles sont les conditions du dépistage ? Cinq départements « pilotes » organisent le dépistage du cancer du col utérin : • le Bas-Rhin (depuis 1994), • le Haut-Rhin (depuis 2001), • le Doubs, • l’Isère, • la Martinique. L’objectif annoncé par la loi relative à la politique de santé publique d’août 2004 est de couvrir tout le territoire national par le dépistage organisé du cancer du col afin de dépister 80 % des femmes de 25 à 69 ans. Les campagnes pour le dépistage organisé du cancer du col de l’utérus ont déjà montré des résultats très positifs :
- la participation des femmes est croissante (73,2 % de participation après 3 ans de campagne, 86 % après 5 ans), plus particulièrement celle des femmes âgées (plus de 10 % de plus de 50 ans)
- l’incidence des cancers invasifs diminue, avec parallèlement une augmentation importante du rapport entre les lésions précancéreuses sévères et les cancers infiltrants
- les cancers qui sont survenus malgré le dépistage sont à la fois moins évolués et de plus petite taille…
Des chiffres parlants Dans le Bas-Rhin, un courrier proposant un dépistage pris en charge par l’assurance-maladie a été envoyé à toutes les femmes bénéficiaires de la CMU qui n’avaient pas effectué de frottis récent. 10 % d’entre elles ont fait cet examen. Ont été dépistées plus de lésions précancéreuses au cours de ces frottis que ce qui est habituellement constaté parmi le reste de la population dépistée, et ce, quelle que soit la tranche d’âge. Sur 100 cancers, 70 apparaissent parmi les femmes qui ne font jamais de frottis.
Cancer du col utérin et infection virale Dans le monde, le cancer du col de l’utérus est le deuxième cancer le plus fréquent de la femme. Cette fréquence est en diminution dans les pays développés. Le traitement des lésions pré-invasives permet dans la grande majorité des cas de prévenir le développement ultérieur d’un cancer invasif. Cela fait du cancer du col une maladie particulièrement accessible au dépistage. L’infection de la muqueuse du col utérin par certains types de Papillomavirus (HPV) transmis par voie sexuelle constitue un facteur de risque majeur du cancer du col utérin. Ceci explique le lien très net entre ce cancer et l’activité sexuelle, la précocité des premiers rapports et la multiplicité des partenaires. Cependant, seule une faible proportion des femmes infectées par un HPV développera une tumeur. On estime que 70 % des femmes rencontrent ce virus au cours de leur vie. Cette fréquence est stable depuis 1985. Le taux d’infection est maximal chez la femme jeune, atteignant 35 % entre 20 et 30 ans et environ 10 % après 35 ans. La durée moyenne de l’infection virale est de l’ordre de 8 mois ; le taux de disparition spontanée de l’infection virale est estimé à 70 % à 12 mois et 90 % à 24 mois. Cette infection virale seule n’est pas suffisante pour entraîner le développement du cancer qui est d’origine multifactorielle avec l’intervention de multiples cofacteurs liés au terrain (déficit immunitaire), nutritionnel (tabagisme), infectieux (autres maladies sexuellement transmissibles). En fait, le principal facteur de risque de survenue du cancer du col est l’absence de dépistage cervical. Pourtant pour ce dépistage, on dispose d’un test efficace : le frottis cervico-vaginal. Il s’agit d’un examen simple, peu onéreux et d’une innocuité totale, qui ne nécessite aucun équipement important et dont l’apprentissage est relativement aisé. En France, il faut encourager les efforts d’organisation du dépistage basé sur le frottis afin d’obtenir une participation maximale des femmes et d’assurer la qualité de toutes les étapes de ce dépistage. Professeur Jean-Jacques BALDAUF, département de gynécologie et d’obstétrique, hôpital de Hautepierre, hôpitaux universitaires de Strasbourg.
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