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Chapitre VIII : Le dépistage organisé du cancer de la prostate

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95 % des cancers de la prostate pourraient être guéris s’ils étaient dépistés à temps. Mais la prostate est un sujet tabou, tabou qui tue chaque année 10 000 hommes dont la tumeur a été diagnostiquée trop tard.

Quels en sont les signes et comment le dépister ?
Les principaux signes sont :

  • l’envie fréquente d’uriner,
  • la diminution de la force du jet,
  • la sensation de ne pas vider entièrement sa vessie.

Le dépistage consiste en un dosage du PSA (l’antigène spécifique de la prostate) par une prise de sang associé à un toucher rectal. Ces deux examens sont essentiels et complémentaires.

Le dépistage annuel, fortement conseillé, concerne les hommes de 50 à 75 ans. Il est préconisé à partir de 45 ans pour les hommes ayant un facteur de risque d’ordre :

  • familial : si deux parents proches ont été touchés par la maladie,
  • ethnique : les hommes d’origine antillaise et africaine sont plus touchés que les hommes d’origine européenne ou asiatique,
  • mais aussi des facteurs génétiques, environnementaux, de surpoids ou alimentaires.

Ce dépistage est-il organisé au niveau national ?
Non. Le dépistage du cancer de la prostate n’est pas encore un axe prioritaire pour l’État. Il devient, pourtant, un réel problème de santé publique. Les initiatives départementales ou
régionales peuvent permettre (comme cela fut le cas pour le cancer du sein) de valider les techniques de dépistage à grande échelle et pouvoir le réclamer au niveau national.

Une initiative lorraine
Les cheminots et la Mutualité en Lorraine ont décidé de rompre le tabou. Ils se sont mobilisés afin d’informer et de sensibiliser leurs adhérents concernés au bien-fondé de ce dépistage. Cette initiative de prévention, financée par le Conseil régional, est issue d’un partenariat* actif sur l’ensemble de la Région.
* La Mutualité lorraine (FMF, FNMF), la Mutuelle des cheminots de Nancy-Metz et région, les services médicaux et sociaux de la SNCF, la Caisse de prévoyance, L’AFU (Association française d’urologie), la Ligue contre le cancer.

Beaucoup d’hommes hésitent à se faire dépister à cause du toucher rectal. Pourquoi est-il obligatoire ?
Il arrive parfois que l’on détecte un cancer par le toucher rectal alors que le dosage du PSA ne le laissait pas suspecter. Et inversement un taux anormal de PSA ne signifie pas nécessairement qu’il existe un cancer.